La peur : définition, manifestations physiques et conseils pour gérer ses angoisses

Comprendre et apprendre à gérer ses peurs

La peur est une émotion que l’on rencontre fréquemment face à différents types de situations. Des peurs, il y a en a des millions et elles peuvent s’expliquer ou sembler venir de nulle part. La peur de la mort ou de la maladie semblent totalement raisonnables d'un point de vue psychologique.

Il y a également des phobies qui à l’inverse paraissent beaucoup plus irrationnelles et démesurées comme l’alopophobie (peur des chauves), la carpophobie (peur des fruits) ou encore la phobophobie (la peur d’avoir peur et d’être surpris).

Qu’importe la cause, le sentiment de peur est bien réel et on peut le ressentir au quotidien.

Alors qu’est-ce que la peur ? Comment réagit notre cerveau lorsqu’il la ressent ? La peur est-elle seulement un produit de notre imagination ? Et comment parvenir à ne pas laisser la peur nous dominer ?

Peur et imagination, le pouvoir du cerveau

Notre imagination est sans limite comme le met en valeur le mouvement de la pensée positive qui veut que tout ce que nous avons en tête deviendrait vrai et pourrait se transformer en acte, dans la limite du raisonnable bien évidemment.

Émile Coué, psychologue et pharmacien français réputé pour la méthode qui porte son nom, utilisait un exemple très intéressant pour montrer tout le pouvoir de l’imagination :

Emile coué

« Chacun d’entre nous est capable de marcher sur une planche de 10 mètres de long et de 25 centimètres de large si celle-ci est posée sur le sol. Supposons que cette planche soit placée entre les deux tours d’une cathédrale, peu de personnes seront prêtes à s’élancer! Malgré tous les efforts de volonté possibles, la chute est quasiment inévitable. Dans le premier cas, l’imagination nous dit que la traversée sera facile, dans le second nous imaginons la chute. Le charpentier comme le couvreur imaginent, eux, qu’ils peuvent le faire. »


Émile Coué

Cela signifie donc que peur et imagination peuvent être intrinsèquement liées. Certaines personnes ne souffrant habituellement pas de vertige peuvent expérimenter le lien entre peur et imagination lorsqu’elles pratiquent une activité en hauteur.

En bricolant par exemple sur un escabeau, on peut d’un coup se sentir en déséquilibre, perdre confiance en soi et en ses capacités pour voir naître la peur.

Dans une telle situation: c’est le fait d’imaginer ce qui pourrait se passer, à savoir une perte d’équilibre, un mouvement trop brusque ou le fait que notre échelle bouge, qui nous faire craindre le pire et suscite donc la peur.

Par contre, bizarrement, si vous faites de l’accrobranche ou que vous lancez dans une via ferrata, même si vous êtes bien plus en hauteur que le sommet de votre escabeau, le fait d’être attaché par un harnais, des mousquetons et des cordes et équipé d’un casque, permet de se sentir en sécurité et d’oser beaucoup plus.

La sécurité que nous confèrent ces accessoires permet à notre cerveau de se concentrer sur l’action à réaliser : traverser, continuer le parcours, s’amuser et profiter de ce moment dans les arbres ou sur la falaise. Peu de personnes commettent des erreurs ou chutent. Cependant, sans harnais, la peur envahie la majorité d’entre nous et rend difficile voire impossible le fait de réaliser cette activité.

La peur, causée par notre imagination déroulant tous les scénarios catastrophes possibles et imaginables, nous empêche donc de réaliser des activités mais aussi, dans certains cas, de nous réaliser en tant qu’être humain.

La survie, le rôle fondamental de la peur

La peur est l’une des émotions les plus basiques de l’être humain. Souvent décriée, elle a toutefois un rôle fondamental, celui de nous aider à survivre. Car la peur est une réaction physiologique de notre organisme face au danger.

En vivant sans aucune peur, nous agirions souvent de manière téméraire, en nous mettant en danger (et aurions donc une espérance de vie beaucoup plus courte 😉 )

Quels manifestations physiques de ce sentiment?

En psychologie expérimentale, on considère qu’il y a si émotions primaires dont la peur, la joie, la surprise, la colère, la tristesse et le dégoût. Chacune peut être analysée au niveau de nos expressions faciales car elle implique des réactions physiques visibles. 

La peur a également des conséquences au niveau de notre organisme. Elle induit une série de changements à partir du cerveau. Notre réaction va déprendre de notre estimation cognitive à laquelle se combinent d’autres éléments propres à chacun de nous (nos intérêts, nos désirs, nos attentes, nos croyances, etc.) et peut prendre la forme de fuite, de protection ou de lutte.

Cette émotion fait s’accélérer le rythme du métabolisme. On sent notre pression artérielle augmenter, le taux d’adrénaline est boosté, tout comme notre niveau de glucose dans le sang. Nos muscles se contractent, nos pupilles se dilatent et les fonctions non-essentielles à ce moment précis de notre organisme se mettent en pause.

On peut suer, avoir la nausée. Lorsque l’on a peur, on se souvent souvent sans défense, surtout que notre perception est altérée et que l’objet de notre peur peut prendre des proportions exagérées.

Des symptômes bien visibles, mais ayant un objectif précis

Mais cette émotion est pourtant un mécanisme adapté à notre environnement qui, de temps en temps, nous donne des raisons d’avoir des craintes rationnelles. La peur nous permet de prendre conscience du danger et d’une menace pour, en théorie, pouvoir réagir rapidement.

Ce que l’on ressent comme une attaque ou un danger peut être une menace directe ou indirecte pour notre intégrité corporelle ou même une atteinte à notre estime de soi. La peur a donc un objectif précis qui est notre survie et doit nous préparer pour la surmonter à l’avenir.

La peur et les phobies

Si la peur est donc une émotion normale, elle peut également devenir dysfonctionnelle. Lorsque nos peurs n’ont pas de nature physique définie, elles peuvent être le fruit d’idées irrationnelles basées sur des menaces souvent improbables.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions car sentir des choses est toujours positif lorsque cela a une utilité et nous permet d’évoluer dans la vie de façon saine.

Réprimer ses sentiments ou chercher à tout prix à les contrôler n’est donc pas souvent bénéfique sur le long terme. Ce qu’il convient plutôt de faire c’est d’identifier les peurs primitives et celles, dysfonctionelles, générées par nos croyances, interprétations ou même la société.

Se laisser trop porter par ce type de crainte peut nous freiner, nous empêcher de vivre de nouvelles expériences voire même nous paralyser. Vivre dans un état d’alerte permanent, convertissant nos pensées en craintes et en pseudo-réalités est particulièrement handicapant.

Il s’agit par exemple d’avoir peur de voyager, de s’engager dans une relation, de se laisser porter par l’inspiration et la créativité, de danser, de parler en public ou encore de s’affirmer au niveau professionnel. Dans ce cas, le problème vient de notre façon d’affronter ces peurs et ce que nous en faisons.

Les peurs dysfonctionnelles ne doivent en effet pas être gérer de façon dysfonctionnelle car il s’agit au contraire essayer de les dépasser.

 Certaines personnes souffrent par exemple de phobies telles que :

  • Achmophobie : peur des aiguilles et des objets pointus
  • Aérophobie : peur de l’air et du vent
  • Amatophobie : peur de la poussière
  • Anuptaphobie : peur du célibat
  • Astraphobie : peur du tonnerre
  • Blemmophobie : peur du regard des autres
  • Claustrophobie : peur des espaces confinés
  • Coulrophobie : peur des clowns
  • Émétophobie : peur de vomir
  • Lilapsophobie : peur des tornades
  • Nomophobie : peur d’être séparé de son téléphone portable
  • Ochlophobie : peur de la foulePyrophobie : peur du feu
  • Tokophobie : peur d’accoucher
  • Xénoglossophobie : peur des langues étrangères

Si nous ne pouvons pas vivre sans la peur, il faut trouver les moyens de surmonter ce type de peurs dysfonctionnelles pour pouvoir aspirer à la joie et au bien-être. Cela demande souvent de la patience et de trouver un équilibre dans notre progression.

Comment gérer la peur ?

Nos niveaux de peur dépendent beaucoup de notre expérience de contrôle. On a souvent plus peur dans les situations où on sent qu’on a pas le contrôle. Par exemple, les accidents de la route sont plus importants que les accidents d’avion mais davantage de personnes craignent de voler car elles n’ont pas de contrôle direct dans ce cas précis. Il y a donc un travail à faire pour avoir la sensation de contrôler, au moins psychologiquement la situation.

La peur est nécessaire à notre survie. Si vous avez l’impression de trop vous laisser dominer par vos peurs, c’est peut-être le moment de faire une introspection, seul ou soutenu par un professionnel.

Prenez un carnet et notez comment vous aimeriez vivre, comment vous auriez voulu que soit votre vie. Ajoutez également ce qui vous empêche ou vous a empêché d’accomplir vos projets et comment faire pour que cela ne vous affecte plus.

"Qu’est-ce qui vous fait peur ?"

Apprenez à vous connaître émotionnellement pour mieux gérer vos craintes, de manière fonctionnelle, et celles de votre entourage. Ne pas accepter ses peurs, ni les faire nôtres permet d’éviter qu’elles nous gouvernent.

Augmenter son niveau d’intelligence émotionnelle et dépasser ses peurs est très bon pour notre bien-être. Cela nous permet d’arriver progressivement à développer tout notre potentiel.

Et vous? Avez-vous réussi à vaincre vos peur les plus inavouables? N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaires, elles pourraient aider d'autres lecteurs qui passent pas là ! 😉 

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