Top 10 des propositions pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail

Top 10 des propositions pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail

En France, le lieu de travail est le premier espace dans lequel le harcèlement sexuel est subi. Pour rappel,  une femme sur cinq aurait été harcelée sexuellement au cours de sa carrière professionnelle selon un rapport du Défenseur des droits.

Ce sujet a alors été inscrit dans le 5e plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. Il s’agit d’un plan d’action de 3 ans composé de 122 mesures et qui réaffirme la nécessité que « toute violence déclarée doit faire l’objet d’une réponse pénale et sociale ».

Il s’agit en effet d’une violence qui se base sur le principe de l’intimidation et la domination et porte atteinte à la personne qui le subit et la question maintenant est d’appliquer ce plan d’action.

Le harcèlement sexuel au travail est aujourd’hui largement traité par la loi qui prévoit des recours et des sanctions. Or, si des mesures sont prévues pour le sanctionner, aussi bien par le code pénal que par le code du travail, il reste difficile pour les employeurs de le prévenir au sein de l’espace professionnel,  et pour la société de lutter contre.

Alors, comment s’attaquer au problème du harcèlement sexuel dans le milieu professionnel ?

Voici un top des propositions concrètes de syndicats, avocats, politiques ou représentants de la société civile pour en finir avec ce type de violences.

Vous trouverez la définition du harcèlement sexuel ici.

Renforcer la prévention au sein des entreprises :

prévention contre le harcèlement sexuel

Moins de 20% des structures auraient un plan de prévention contre le harcèlement sexuel.

Selon l’avocate Maude Beckers, les entreprises devraient se doter d’un système d’enquête ou d’un consultant spécialisé en la matière, afin de s’entretenir avec les employés individuellement et confidentiellement et armer un plan de prévention, composé de textes à respecter, d’un comité dédié à ces questions ...  tel que le relate l’article de La Tribune dédié à ce sujet.

Même si ce sujet semble être pris au sérieux par la majorité des entreprises, le harcèlement sexuel reste souvent un tabou, et tacitement toléré dans l’environnement professionnel (blagues sexistes, propos connotés sexuellement…)

La directrice de la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise Randstad, Alice Crépin, propose la création d’un comité anti harcèlement interne, pour accompagner les employés victimes de harcèlement sexuel. Il s’agit d’une sorte de cellule psychologique qui appuie les victimes dans leur démarche et réalise des enquêtes dans l’entreprise.

Il peut aussi être un espace de discussion et de débat sur le sujet.

Une formation plus profonde du personnel

Il est nécessaire que les DRH, délégués du personnel, et managers soient formés à ces questions pour y faire face. Cette formation du personnel doit concerner tous les niveaux hiérarchiques dans une entreprise.

L’idée est aussi de donner des ressources aux syndicats d’entreprise pour qu’ils puissent accompagner les victimes de harcèlement sexuel dans leur démarche de défense.

Selon les syndicats, le fait de fusionner les organes tels que le comité d’entreprise, les délégués du personnel, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, comme l’ont décidé les ordonnances, est un obstacle en plus pour que les salariés se défendent car limite les possibilités.

Prévoir des sanctions pour les entreprises

la sanction pour harcèlement sexuel

Beaucoup d’entreprises tolèrent un certain environnement saturé de blagues ou propos à forte connotation sexuelle. Cela peut révéler d’une forme de laxisme ou d’un sujet encore tabou, quoiqu’il en soit il est de la responsabilité de l’employeur de garantir un environnement approprié, libre de violence en tout genre, à ses employés.

L’idée est donc de bien former le personnel, de le sensibiliser à ce thème, car il s’agit d’une responsabilité de la part de l’entreprise et, en mettant en place des sanctions à son encontre en cas de non-respect d’une politique anti harcèlement, le harcèlement sexuel serait moins toléré d’après Maude Beckers.

L’entreprise aujourd’hui s’expose à verser des dommages et intérêts à ses employés victimes de harcèlement sexuel. La somme s’élève à 6 mois de salaire. Et ceci est loin d’être dissuasif d’après elle. 

De plus, les victimes, après avoir alerté l’employeur d’un harcèlement sexuel, vivent parfois des représailles professionnelles.

Lutter contre l’inégalité entre les femmes et les hommes dans le milieu professionnel

D’après la CGT, tout commence par l’égalité entre les femmes et les hommes dans le milieu professionnel. Si la femme est considérée comme égale de l’homme, ces rapports de domination et abus de pouvoir n’existerait pas.

Assurer l’égalité salariale et de poste entre les genres fait partie des changements qui pourraient engendrer une vraie transformation dans la société. Ceci peut passer par les négociations salariales annuelles, que l’entreprise a la liberté de fixer.

Le monde de l’entreprise est en effet encore largement masculin, et le harcèlement sexuel au travail étant lié à l’abus de pouvoir hiérarchique, assurer l’égalité entre les sexes pourrait changer les choses.

Renforcer le système judiciaire

renforcer la justice contre le harcèlement

Les textes de loi mis en place traitent amplement le sujet du harcèlement sexuel et apportent d’ailleurs la couverture nécessaire à la victime, définissent les sanctions encourues…

Or, selon la CFDT, la procédure de défense reste difficile à mener notamment parce que le système judiciaire ne définit pas précisément les éléments qui constituent les dossiers de défense.

Par exemple, d’après Maude Beckers, la reconnaissance des preuves n’est pas assez précisée : un enregistrement audio aujourd’hui, pris clandestinement, peut certes appuyer le panel des preuves mais ne peut être retenu comme une vraie preuve pour condamner l’auteur.

Enfin, un grand nombre d’affaires sont classées sans suite. Les magistrats manquent de formation aux enjeux du harcèlement sexuel… tout cela constituent d’autres freins pour les démarches des femmes victimes.

Former du personnel dédié à ces questions :

En plus de former le personnel au sein des entreprises, il faut s’assurer qu’au sein du personnel du système judiciaire, des personnes soient formées et sensibilisées aux questions du harcèlement sexuel pour pouvoir accompagner les victimes à chaque étape de leur procédure.

Cette idée a notamment été formulée par les femmes auteurs de la tribune publiée dans le JDD, et signée par des femmes politiques, artistes, féministes, faisant appel au Président de la République pour qu’il mette en place un plan d’action contre les violences sexuelles. 

Elles y demandent d’organiser une « formation de tous les professionnels en contact avec les femmes victimes : enseignants, magistrats, policiers, gendarmes, professionnels de santé, notamment de la santé au travail. »

Renforcer le rôle des associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes de harcèlement sexuel

accompagnement des victimes du harcèlement sexuel

Cette même tribune publiée dans le JDD comporte un passage sur la nécessité d’apporter aux associations les moyens nécessaires pour prendre en charge les femmes victimes de harcèlement sexuel en doublant notamment «  les subventions des associations qui accueillent les femmes au téléphone ou physiquement et doublez le nombre de places d'accueil pour les femmes victimes. »

Cette demande est d’ailleurs la première demande formulée dans cette lettre. Il est important que les femmes victimes de harcèlement  sexuel aient accès à leurs droits en la matière.

Organiser des journées thématiques inter-entreprises

Pour pousser plus loin la prévention au sein de l’entreprise, pourquoi ne pas organiser des journées de thématiques auxquelles participerait des représentants de plusieurs entreprises différentes, qui se feraient le relai des échanges menés en interne ?

Ceci dans le but de pouvoir échanger sur les bonnes pratiques, les problèmes rencontrés, et mutualiser les avancées.

Eduquer et sensibiliser dès le plus jeune âge pour lutter contre les violences sexuelles en général 

Il est important d’éduquer dès le plus jeune âge pour sensibiliser et prévenir les comportements sexistes, qui peuvent aboutir au harcèlement sexuel.

Cela peut faire objet d’heures de classe ou d’activités annexes, et certains proposent même de créer au collègue un certificat de non-violence, à l’image de ce qui est fait pour la sécurité routière.

Multiplier les campagnes de sensibilisation

Un des problèmes majeurs est le manque d’information pour les victimes, qui entreprennent en très petit nombre des démarches en justice,  mais aussi pour le grand public, qui connait très peu le sujet.

Voici un exemple de campagne publicitaire que l'on aimerai plus présente :

Le Défenseur des droits lance en ce moment une campagne d’affiches dans la rue, sur les lieux de travail et sur les réseaux sociaux  pour faire connaître les droits des victimes et le rôle du Défenseur des droits, qui est peu connu.

Il est important de multiplier ce genre de campagnes pour lutter contre le harcèlement sexuel et qu’il cesse d’être un sujet tabou.

Pour finir, si vous aussi vous avez des idées/propositions à faire sur ce sujet, n'hésitez pas à nous les envoyer par email ou à les poster en commentaire. Nous pourrons ensuite les intégrer directement dans cet article! 🙂

À propos de Experts VieHealthy

Nous pensons que pour qu'un sujet puisse être expliqué clairement, il doit être parfaitement maitrisé dans un premier temps. C'est pour cette raison que nos équipes sont composées de différents experts qui cherchent à répondre à vos questions, dans leur thématique de prédilection!

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