Incontinence urinaire : définition, causes, symptômes, traitements de ces fuites

Incontinence urinaire

L’incontinence urinaire, ou « fuite urinaire » correspond à la perte involontaire de petites quantités d’urine de l’urètre. C’est un trouble de la santé assez fréquent et de plus en plus commun avec l’âge, mais tout le monde, à tout âge, peut en faire l’expérience.

Ce trouble peut être très dérangeant et durable, jusqu’à parfois entraîner une situation d’isolement voire de dépression.

Pourtant, les personnes concernées n’osent pas toujours parler de leur problème à un médecin alors qu’il existe des solutions pour en venir à bout ou pour en avoir le contrôle. Il est en effet dangereux de le négliger car un trouble physiologique peut en être à l’origine.

Dans ce dossier, nos experts nous expliquent les causes de ce symptôme et nous livrent quelques remèdes pour le traiter.

Définition, symptômes et causes de l’incontinence urinaire

Commençons par définir exactement ce problème fréquent de la santé

Qu’est ce que l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire, aussi connue sous le nom de « perte involontaire des urines », « fuite vésicale » ou encore de « fuites urinaires » se définit par un écoulement involontaire d’urine par l’urètre. Cet écoulement est impossible à retenir.

Pour comprendre ce phénomène, il faut d’abord expliquer comment fonctionne l’appareil urinaire.

Mécanisme de continence urinaire chez la femme

Les reins ont pour rôle la filtration et l’épuration du sang pour le transformer en urines, et sont reliés à la vessie par deux tuyaux appelés uretères, par lesquels s’écoulent les urines.

L’urètre est le tuyau reliant l’orifice urinaire (méat urétral) à la vessie. L’urètre féminin de taille plus petite que le masculin, est un canal qui sort de la vessie et se termine dans la vulve.

Comparaison appareil urinaire féminin et masculin

La vessie, elle, est composée de deux parties :

  • Le dôme vésicale (partie supérieure), élastique, aide la vessie à jouer le rôle de « réservoir » entre deux mictions lors de la phase de remplissage. Le « détrusor » est le muscle qui se contracte pour évacuer les urines vers le méat lors de la vidange.
  • Le col vésical (partie inférieure) qui est la base de l’urètre et qui permet à la vessie de retenir les urines. Le muscle qui le compose est le sphincter urétral, en forme d’anneau.

Le sphincter se trouve donc sur la partie initiale de la vessie, au niveau du col, et sert à retenir les urines. Il remplit la fonction de continence urinaire.

Il se compose de deux parties :

  • Le sphincter interne, qui est contracté inconsciemment entre les miction et se décontracte pour relâcher les urines. Il est moins développé chez la femme.
  • Le sphincter externe lui, est celui qui se contracte de manière consciente pour éviter toute fuite quand la vessie est remplie. Il complète donc le rôle du premier sphincter et tous les deux, agissent comme des sortes de robinets qui s’ouvrent au moment d’uriner pour laisser le liquide sortir de la vessie vers l’urètre.
Détail sphincter du mécanisme de continence urinaire

La vidange de la vessie est commandée grâce au cerveau jusqu’aux sphincters et plusieurs mécanismes la contrôlent. Le détrusor se contracte pour évacuer l’urine vers l’urètre puis vers le méat.

Picto conseil

Cette contraction comprime l’extrémité des uretères et évite ainsi que l’urine ne remonte vers les reins, pour qu’elle descende vers l’urètre

Dans le cas d’une incontinence, l’un des composants de ce mécanisme dysfonctionne.

Quels sont les différents types de pertes involontaires des urines

Il existe plusieurs sortes de pertes involontaires des urines :

L’incontinence urinaire d’effort

Cette première catégorie se réfère à une perte d’urine lorsque la personne fait un effort même léger comme un éternuement, un rire, une toux, ou lors d’un mouvement comme se pencher ou se baisser, ou encore lorsqu’elle lève un objet.

C’est en fait parce qu’une pression est exercé au niveau de l’abdomen et de la vessie que la perte d’urine est provoquée. En ce qui concerne cette catégorie, les muscles soutenant l’utérus et la vessie sont souvent affaiblis.

L’incontinence urinaire par regorgement

Ce symptôme correspond à un stockage excessif d’urine par la vessie. La quantité gardée est plus importante que la « capacité » de l’organe.

Ce type d’incontinence concerne le plus les hommes souffrant d’hyperplasie bénigne de la prostate, ou les personnes chez qui le muscle vésical manque de force.

L’incontinence urinaire par impériosité

Aussi appelée le syndrome de la « vessie hyperactive », ce trouble correspond à une envie très urgente d’uriner, conséquente de spasmes des muscles de la zone de la vessie.

Ce type de trouble survient le plus souvent pendant la nuit, en dehors d’un effort et pouvant être déclenché facilement comme en voyant de l’eau couler.

Il concerne davantage les personnes âgées.

L’incontinence fonctionnelle

Cette catégorie concerne les personnes ne pouvant se rendre aux toilettes à temps, à cause d’un trouble physique comme un problème de mobilité (arthrose du genou, de la hanche),

L’incontinence neurogène

Aussi appelée la « vessie neurologique », ce trouble mictionnel est dû à un problème neurologique affectant le système nerveux central ou périphérique.

Attention picto

A savoir : d’autres problèmes neurologiques comme la démence, des séquelles d’accident vasculaire cérébrale peuvent aussi empêcher au malade d’aller aux toilettes à temps.

L’incontinence mixte

Il s’agit de la combinaison de l’incontinence d’effort et celle par impériosité.

Quels sont les premiers symptômes ?

Comme son nom l’indique, la fuite vésicale se caractérise par la perte involontaire, c’est à dire impossible à retenir, de petites quantités d’urine, parfois accompagnées d’odeurs désagréables ou de gênes.

Ces pertes peuvent avoir lieu à tout moment de la journée ou de la nuit, sans nécessairement avoir une envie d’uriner.

Il existe un questionnaire d’évaluation des symptômes (Urinary Symptom Profile) pouvant aider au diagnostic.

Quelles sont les causes de l’incontinence ?

L’incontinence urinaire est en fait un symptôme d’un dysfonctionnement du mécanisme urinaire.

Il faut donc comprendre que la continence fonctionne grâce à un plancher pelvien (les muscles du périnée), au bon fonctionnement des muscles qui se trouvent à la base de l’urètre, appelée sphincters, du muscle de la paroi vésicale (qui se contracte lors de la miction), et des nerfs qui commandent le système. Si l’un des composants de ce mécanisme est affecté, l’incontinence peut apparaître.

L’origine peut donc être multifactorielle.

On peut regrouper les différentes causes en 3 groupes, qui varient en fonction des types de fuites vésicales, en catégories.

L’affaiblissement musculaire du périnée

Les muscles du plancher pelvien, qui se trouvent sur le bas du bassin, maintiennent la vessie et ont notamment pour rôle de contrôler la sortie des urines et selles.

Schéma du plancher pelvien

Le phénomène de « descente de vessie »

C’est un phénomène qui ne concerne que les femmes et qui correspond à une faiblesse ou à un étirement des tissus qui se trouvent entre le vagin et la vessie.

Attention picto

Faibles, ces tissus ne sont pas cabale de supporter le poids de la vessie, et les fuites d’urine deviennent difficiles à maîtriser.

Pathologie ou problème de santé

Un trouble chronique peut affecter les nerfs et empêcher le bon fonctionnement des muscles de la vessie.

Il peut s’agir de la maladie de Parkinson, d’une lésion de la moelle épinière ou encore de la sclérose en plaques.

Le malade ne peut se retenir physiquement d’uriner.

Les facteurs facilitant la survenue de fuites urinaires

Certains facteurs augmentent le risque de souffrir d’incontinence :

Grossesse

Il est très fréquent que pendant la grossesse, la future maman souffre d’incontinence urinaire, et ceci s’aggrave en cours de grossesse.

Picto conseil

Si c’est votre cas, pas de panique ! Dans l’extrême majorité des cas, les fuites disparaissent totalement une fois la grossesse terminée.

Accouchement vaginal

Après l’accouchement, éventuellement à cause d’un travail difficile et long, certaines femmes expérimentent des épisodes de pertes urinaires.

C’est à cause de la fragilisation des muscles.

Ménopause

C’est parce que la ménopause entraîne une chute du taux d’oestrogènes pouvant affaiblir le muscle pelvien et la pression de la clôture de l’urètre, et provoquer l’incontinence.

Il s’agira alors d’incontinence d’effort, car les muscles du pelvis ne peuvent soutenir le poids de la vessie.

Vieillissement

Le vieillissement d’une personne entraîne une dénervation de la vessie, une plus grande sensibilité des récepteurs de la paroi de la vessie (les cholinergiques), mais aussi une perte de masse musculaire.

La vessie est donc instable, le muscle ne peut pas se contracter correctement.

Les personnes âgées ressentent par ailleurs moins l’envie, ou plutôt le besoin d’uriner. Ceci s’explique par la modification de certaines fonctions comme la prise de décision ou la perception.

Une personne âgée peut donc perdre la maîtrise volontaire de la miction.

Surpoids ou obésité

Surpoids et incontinence urinaire (d’effort) vont souvent de pair, et plusieurs études scientifiques le confirment.

Attention picto

Le poids exerce en effet une pression sur le périnée, qui perd en tonicité et laisse passer les fuites.

Maladies et problèmes de santé

Certaines autres pathologies ou affections de santé peuvent faciliter l’apparition d’incontinences urinaires : une toux chronique, une neuropathie diabétique, la sclérose en plaques, une constipation avec fécalome (selles compressées et durcies au niveau du rectum) ou encore un cancer affectant la région pelvienne.

Intervention pelvienne antérieure

Après une opération sur un organe situé au niveau du petit bassin, l’incontinence d’effort est assez fréquente. La pression liée à un petit effort (comme une toux, ou de l’exercice physique) affecte le sphincter vésical, qui cède et laisse passer les mictions.

Ces pertes peuvent également correspondre à l’affaiblissement du plancher pelvien ou des nerfs vésicaux. Les interventions les pouvant entraîner des fuites urinaires chez la femme sont l’hystérectomie (résection de l’utérus), la chirurgie d’un prolapsus (contre la descente d’organe), une colposuspension ou encore une fistule vésicale secondaire à une césarienne ou à une hystérectomie.

Chez l’homme, il s’agit de la prostatectomie, de l’adénectomie ou de la résection endoscopique (pour traiter l’HBP).

Hygiène de vie et habitudes de consommation

La consommation excessive de liquides, de caféine, d’alcool ou encore le tabagisme peuvent faciliter les troubles de la continence.

Le stress et le sentiment d’angoisse peut aussi être un facteur déclenchant, car cet état peut conduire une personne à ressentir la moindre tension même si la vessie n’est pas pleine.

Traitements médicamenteux

La prise de certaines substances comme des médicaments antidépresseurs, des relaxants musculaires ou encore des produits pour décongestionner les voies nasales peuvent provoquer un relâchement des muscles vésicaux et des fuites involontaires d’urines.

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Si une personne associe plusieurs médicaments (comme l’association diurétiques-sédatifs) elle aura plus de chance de souffrir d’incontinence.

L’activité physique intensive

Les sports pratiqués de manière intensive, notamment ceux qui nécessitent une pression sur le périnée (comme par exemple le trampoline ou l’haltérophilie) peuvent être à l’origine de l’incontinence urinaire.

Problème de mobilité

La difficulté de se lever ou de se déplacer peut empêcher une personne d’aller aux toilettes au bon moment.

Les risques et complications possibles

Nombreuses sont les personnes qui n’osent pas consulter par peur de parler de leur problème.

Or, lorsqu’elle est mal soignée, ou si elle n’est pas traitée, l’incontinence urinaire peur perturber la vie de tous les jours comme les rapports sociaux, professionnels, la vie intime et sexuelle, et freiner certaines activités (physiques par exemple).

Elle peut donc engendrer un état d’isolement et des troubles psychologiques (anxiété, état de déprime).

Au-delà de la gêne, l’incontinence peut également causer des problèmes dermatologiques, comme des problèmes de peau ou des rougeurs autour des parties génitales, des infections, des ulcères à cause de l’humidité.

Quant à l’incontinence par regorgement, elle peut provoquer une infection urinaire, pouvant conduire à l’urgence médicale (cas grave de rétention urinaire).

La vessie est fragile. Il ne faut pas négliger les troubles urinaires, notamment les problèmes d’incontinence.

Même si l’incontinence peut avoir une cause bénigne pouvant être prise en charge facilement, elle peut cacher une irritation ou même la présence d’une tumeur ou de calculs.

Elle peut aussi être la cause d’un trouble neurologique (sclérose en plaques ou Parkinson). Il est donc très important de consulter un spécialiste (urologue).

Qui est concerné ? Les femmes, plus exposées que les hommes

L’incontinence vésicale est un symptôme dont la prévalence est difficile à estimer au niveau de la population car le recours à la consultation, au diagnostic et au traitement est encore faible.

Elle affecterait d’avantage les personnes âgées de plus de 65 ans. En effet, parmi elles, 2,6 millions de personnes seraient concernées.

Parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, près de 2,6 millions sont touchées par l’incontinence urinaire. Mais les personnes plus jeunes peuvent aussi être concernées.

En raison de leur anatomie, les femmes sont plus touchées que les hommes chez lesquels l’incontinence apparaît souvent après l’opération de la prostate.

On estime qu’une femme sur trois âgée de plus de 70 ans est touchée. Les hommes sont deux fois moins nombreux.

Comment soigner les fuites urinaires?

Il existe plusieurs alternatives pour soigner les problèmes de continence.

Il est donc important de consulter un professionnel médical qui conviendra du traitement le plus adapté à la situation des patients. Souvent, il y a une coordination entre les médecins urologues, gynécologues, et kinésithérapeute.

Picto conseil

Grâce au traitement, et à la prise en charge des facteurs prédisposant à l’incontinence, la qualité de vie peut être améliorée et les symptômes grandement atténués.

Les solutions de secours

Il existe différentes solutions de secours qui permettent de gérer l’incontinence urinaire au quotidien.

Les protections urinaires

Les protections urinaires de différents types (serviettes, couches…) sont des solutions de soutien pour faire face aux pertes accidentelles.

Même si ces « couches pour adultes » peuvent effrayer, il faut savoir qu’il existe aujourd’hui des modèles très discrets, pouvant aider à surmonter l’angoisse et la gêne liées à la pensée des fuites potentielles, et même à la volonté d’isolement qui peut naître.

Les protections ont une bonne capacité d’absorption. Les protections sont adaptées à l’anatomie féminine et parfois même au type d’incontinence.

Les traitements médicaux

Il existe des médicaments pouvant agir sur les récepteurs et contrôler le tonus de la vessie.

C’est l’action d’une molécule appelée acétylcholine qui se fixe sur les récepteurs de la paroi vésicale qui provoque la contraction de la vessie.

Ces médicaments peuvent prendre en charge les incontinences par hyperactivité de la vessie ou les incontinences mixtes.

Les anticholinergiques

En se fixant sur les récepteurs de la paroi vésicale, ces substances peuvent atténuer les contractions accidentelles de la vessie.

Les antispasmodiques

Certains médicaments antispasmodiques comme les myorelaxants peuvent empêcher les contractions en relaxant la vessie.

Traitement local vaginal par œstrogène

Si l’incontinence a pour origine les effets de la ménopause, un traitement hormonal pourra être envisagé, pour améliorer l’état de la muqueuse vaginale et donc atténuer les fuites vésicales.

Ces hormones s’appliquent sous forme d’ovules (Vagifem®), d’anneau Estring®, ou des crèmes. Les dosages en hormones varient.

L’inconvénient avec les médicaments, est la présence d’effets indésirables tels qu’une sensation de bouche sèche, des vertiges et des troubles oculaires, une somnolence, de la tachycardie des troubles gastro-intestinaux, ou encore une constipation.

Ce serait d’ailleurs la première cause d’arrêt du traitement. Souvent, les médicaments sont donc premièrement prescrits à faibles doses.

Les interventions chirurgicales

Dans tous les cas, il est important de consulter un médecin pour déterminer avec lui le bon traitement à suivre et les bonnes doses.

L’intervention chirurgicale permet de régler le dysfonctionnement à l’origine de l’incontinence d’effort notamment.

Après le diagnostic du type d’incontinence, le spécialiste pourra donc déterminer la marche à suivre.

Cystopexie

Chez la femme, cette intervention est réalisée pour permettre à la vessie de rester en place ou pour la replacer suite à une descente de vessie.

Bandelette de soutien

L’incontinence urinaire d’effort peut être prise en charge grâce à une petite bandelette placée sous l’urètre (comme pour former un petit bac).

Les bandelettes mesurent environ 10 cm et ont 1 centimètre de largeur et ont l’aspect d’une bande de tissus.

Elles permettent de maintenir l’urètre en place. Cette bandelette est posée via les voies naturelles, en procédant à une petite incision sous l’orifice de sortie de l’urine (le méat urétral) pour y introduire la bandelette.

Elle ressort au niveau du pubis dans le cas des TVT (Tension Free Vaginal Tape) ou de manière latéral à la face interne de la cuisse (Trans Obturator Tape).

Les effets sur l’incontinence sont immédiatement visibles.

La neuromodulation

Il s’agit d’un processus de régulation des neurones de la vessie envisagé en cas d’échec d’autres méthodes, notamment de traitements.

L’intervention consiste à placer une électrode reliée à une pile sur l’ose du sacrum (l’os qui forme avec les deux os iliaques le bassin osseux).

L’objectif de cette électrode est d’envoyer des décharges de 2 volts au nerf sacré ( à la racine de la vessie) , provoquant ainsi un effet sur les nerfs contrôlant la vessie.

Le dispositif permet donc d’agir sur le dysfonctionnement de la transmission neuronale entre le cerveau et la vessie en stimulant les nerfs sacrés et donc à redonner du tonus au plancher pelvien.

Injection de toxine botulique

Le botox a des propriétés paralysantes et est utilisé depuis quelques années maintenant dans la médecine esthétique, contre les rides du visage. Les injections de botox dans la vessie permettent donc de prendre en charge les problèmes d’incontinence urinaire d’origine neurologique (dans le cas des vessies hyperactives).

Le botox permet de bloquer la transmission nerveuse dans la paroi vésicale. La toxine botulique empêche donc les contractions involontaires et atténue les besoins urgents d’uriner. L’effet de la toxine démarre de 2 à une dizaine de jours après l’injection botulique et perdure jusqu’à 9 mois.

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L’efficacité dépend en revanche d’une personne à l’autre. Lorsque les effets se dissipent, de nouvelles injections sont possibles, à condition de respecter un laps de temps de trois mois entre deux injections.

Ballons ajustables péri-urétraux

Les ballons « ACT » (Adjustable Continence Therapy) prend en charge l’incontinence d’effort de la femme.

Faits en silicone et remplis de sérum physiologique, ils sont placés de chaque côté de l’urètre, et grâce à une pression exercée, ils remplissent le rôle de « compresse » du sphincter.

Ce dispositif peut donc retenir l’urine.

Sphincter urinaire artificiel

La pose d’un sphincter urinaire artificiel est une intervention plus lourde que les précédentes, et est utile dans les cas les plus graves, lorsque la cause de l’incontinence est une insuffisance sphinctérienne (faiblesse des muscles).

Le sphincter artificiel est une prothèse artificielle composée d’une pompe de contrôle pouvant être contrôlé depuis l’extérieur ; d’un ballon interne pouvant réguler la pression ; et d’une manchette autour de la vessie.

Implémentation d’un sphincter artificiel

Le patient peut contrôler le sphincter de remplacement grâce à la pompe. L’intervention se réalisera par anesthésie générale, après examen bactériologique des urines, et un traitement antibiotique.

Pendant 72 heures après l’opération, une sonde vésicale sera nécessaire.

Intervention sur l’une des fonctions de la zone vésicale

Il est également possible d’intervenir sur une tumeur de la vessie, un fibrome de l’utérus, sur une fistule urogénitale, ou une tumeur de la prostate à l’origine du trouble.

Les méthodes naturelles

Pour finir, nos équipes vous proposent un focus sur les méthodes naturelles pour soigner l’incontinence urinaire.

La rééducation périnéale

Les différentes techniques de rééducation périnéale aident à renforcer les muscles périnéaux et ceux des organes du bassin (qui doivent empêcher l’évacuation accidentelle) et sont souvent administrées en premier traitement pour l’incontinence urinaire d’effort.

Dans le cas des vessies hyperactives, la rééducation peut aussi compléter les médicaments. Les séances de rééducations peuvent être réalisées par un sage-femme après un accouchement, ou un kinésithérapeute.

Il est également possible de procéder à la rééducation à son domicile, grâce à une sonde connectée (EMY) ou à une jambière de stimulation électrique. Parmi ces méthodes, on peut citer l’exercice de Kegel ou le biofeedback qui peuvent être utiles en cas d’incontinence d’effort ou par impériosité.

Avec un peu de rigueur pendant quelques semaines, les effets sur le contrôle urinaire pourront être constatés.

Picto conseil

Jusqu’à 90% des patientes souffrant de fuites urinaires sont soignées grâce à ces techniques et reprennent le contrôle de leur périnée.

Les exercices de Kegel

Ces exercices consistent à maintenir puis relâcher la contraction des muscles pelviens, en position allongée premièrement puis au fur et à mesure, à réaliser en position assise et debout.

  • Contracter les muscles du plancher pelvien, et maintenir pendant une dizaine de secondes tout en respirant profondément ;
  • Décontracter pendant une dizaine de secondes.
Exercices de Kegel (source)

Cet exercice est à répéter jusqu’à une vingtaine de fois, idéalement trois fois par jour (matin, midi, et soir).

Pour information, ces exercices sont aussi préconisés pour améliorer le plaisir sexuel.

Le biofeedback

L’exercice du biofeedback permet de ressentir les contractions musculaires du plancher pelvien, pour ainsi en avoir la maîtrise.

Grâce à un senseur placé dans le vagin, la patiente peut observer la contraction puis la relaxation des muscles pendant la réalisation des exercices de Kegel, et ainsi ena voir conscience.

La rééducation comportementale

La rééducation comportementale peut aider à modifier les habitudes mictionnelles. Il s’agit par exemple de retarder le passage aux toilettes de 10 minutes, puis passer à 20 minutes, pour être capable d’espacer les mictions de 2 à 4 heures.

Il est également possible d’uriner une première fois avant d’attendre puis réessayer quelques instants plus tard. Cette technique de « double vidange » permet d’apprendre à éviter un « regorgement » d’urine.

Enfin, l’adoption d’horaires fixe pour aller aux toilettes est efficace surtout chez les patientes âgées qui ont des problèmes moteurs.

En cas d’envie urgente, la personne souffrant d’incontinence peut aussi apprendre à se relaxer par la respiration, ou s’occuper l’esprit avec une activité.

Ceci permet également d’espacer les mictions.

Homéopathie

Un certain nombre de traitements naturels comme les médicaments homéopathiques, tel que le Vessie D8 peuvent aider contre l’incontinence, surtout celle qui est liée à l’âge.

Physiothérapie

Et comme mère nature regorge de bienfait, on peut aussi trouver des traitements dans les plantes pour soigner les vessies hyperactives, comme l’ortie jaune par exemple!!.

Quelques précautions naturelles pour prévenir l’incontinence

Sachez que certaines habitudes et comportements relevant de l’hygiène de vie peuvent prévenir ou atténuer les fuites urinaires.

Poids et santé physique

Surveiller son poids est très important pour éviter la pression du poids sur la vessie et les muscles.

Attention à la constipation

S’hydrater et manger des fibres permet au système digestif de bien fonctionner et d’éviter les états de constipation, facteurs disposant ou aggravant d’une incontinence à cause des pressions abdominales nécessaires lors des selles.

Picto conseil

Les fibres, en absorbant l’eau, stimulent l’intestin, et évitent donc la constipation.

Eviter les talons hauts

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les talons sont déconseillés pour prévenir les fuites vésicales.

En effet, ils modifient la distribution de la force et du poids des muscles dorsaux et abdominaux, ce qui peut affaiblir le périnée.

Eviter la surcharge pondérale

Pour la même raison de répartition de forces et d’équilibre de la musculature pelvienne, il faut éviter de porter trop de choses lourdes.

Ne pas se retenir d’aller aux toilettes

Forcer la contraction du périnée très longtemps peut être néfaste pour le périnée, et affaiblir la musculature.

Il faut savoir que la vessie est comme un récipient d’une capacité de 400 ml d’urine.

Si l’on se retient, la vessie peut se distendre et s’affaiblir.

Prévenir les infectons urinaires

Pour prévenir les infections urinaires, il est important d’éviter certains aliments « irritants » comme les agrumes, le chocolat, les épices, les tomates, pouvant affecter la vessie.

Limiter la consommation de thé, café

La caféine, lorsqu’elle est consommée en excès (plus de 3 tasses par jours) peut être associée à une incontinence urinaire.

Il en va de même pour la consommation de thé (noir surtout), de chocolat et des boissons énergisantes. Au contraire, le thé vert serait bénéfique contre les problèmes vésicaux.

Eviter de boire de l’alcool

D’après certaines études, il existerait probablement un lien entre la consommation d’alcool et la survenue de fuites urinaires chez les femmes.

Surveiller sa consommation de liquides

Il est important de bien s’hydrater pour éviter la concentration des urines et l’irritation de la vessie, pouvant être à l’origine de l’incontinence d’urgence (impérieuse).

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En revanche, il est déconseillé de boire trop d’eau en très peu de temps, et de boire avant le coucher dans le cas des fuites nocturnes.

En général, 2 litres d’eau quotidiens sont la quantité suffisante pour l’organisme.

Attention à l’alimentation

Outre les aliments à risques déjà mentionnés précédemment, on retrouve les produits laitiers non fermentés. Attention donc à la consommation de lait et autres fromages pour leur teneur en calcium, mis en cause dans l’incontinence (notamment pour leur rôle dans la constipation).

Au contraire, il est conseillé d’élever sa consommation en fibres solubles et insolubles  (fuites et légumes, noix , céréales, psyllium, orge, avoine).

Certains aliments comme ceux mentionnées plus haut sont irritants. C’est le cas des agrumes entiers ou en jus, du chocolat, mais aussi des boissons ou les aliments riches en sucres, certains fromages, et les plats épicés.

Au-delà du fait qu’ils prédisposent l’infection urinaire, ces aliments irritent la vessie et force ses contractions.

Le yoga

D’après une recherche de l’Université de San Francisco effectuée auprès d’une femme de plus de 40 ans souffrant d’incontinence, le yoga serait bénéfique.

Les symptômes auraient diminué de 70% en l’espace de 6 semaines.

Adaptée à tous les niveaux et à tous les âges, le yoga aide à muscler et tonifier le plancher pelvien sans force pour les autres muscles (abdominaux par exemple) et s’attaque aux facteurs favorisant les fuites, comme le stress et la mobilité.

Tenir un calendrier

S’aider d’un calendrier mictionnel est utile pour comprendre le fonctionnement de la vessie.

Pour le tenir, il est recommandé de noter certaines informations sur deux à trois jours comme les horaires, les volumes d’urine, la survenue des fuites et les circonstances, les envie pressantes, les quantités de liquides bus, afin d’observer et de modifier certains comportements.

L’incontinence urinaire chez les hommes

Contrairement aux idées reçues, et même s’ils semblent être moins nombreux à en souffrir, l’incontinence urinaire est un problème qui touche également les hommes, surtout après un certain âge.

La prévalence chez la population masculine est moins étudiée mais certains chiffres sont similaires avec ceux rencontrés parmi la population féminine.

Les hommes, moins touchés que les femmes

Le fonctionnement de la continence passive est plus performant chez l’homme que chez la femme. Ceci est dû à la longueur de l’urètre, plus important que celui de la femme.

De plus, la glande prostatique située au début de l’urètre prévient les éventuelles fuites car en augmentant de volume, elle obstrue l’écoulement des urines.

Picto conseil

A savoir: le sphincter strié est plus fort chez l’homme que chez la femme. C’est pour ces raisons que l’homme risque moins de présenter ces symptômes urinaires.

Les types d’incontinences masculines :

Il en existe 5 différentes :

Incontinence par impériosité

Les chiffres d’hyperactivité vésicale montrent une prévalence de 12 à 16 % chez les hommes, et une plus grande propension chez les hommes âgés.

Incontinence d’effort

Dans la plupart des cas, cette forme de fuite vésicale est un symptôme rencontré suite au traitement d’une pathologie touchant la prostate ou une intervention chirurgicale prostatique (prostatectomie ou protato-cystectomie) ou des voies urinaires.

25% des hommes ayant eu une prostatectomie rencontre des problèmes d’incontinence jusqu’à 6 mois après l’intervention, et jusqu’à 5% sont concernés par une incontinence permanente nécessitant une opération de chirurgie.

Mécanisme de continence urinaire chez l’homme

L’incontinence mixte existe également dans cette population.

Incontinence par regorgement

C’est le type de fuites le plus commun parmi la population masculine, conséquente d’une hypertrophie de la prostate.

Les signes de cette incontinence sont des envies fréquentes d’aller aux toilettes résultant à de faibles jets d’urine, parfois suivis de gouttes après la miction.

Incontinence neurogène

Comme chez la femme, le trouble mictionnel peut toucher un homme ayant un trouble neurologique, la transmission nerveuse ne se faisant pas à temps.

Incontinence fonctionnelle

Comme chez la femme, l’incontinence fonctionnelle se réfère à l’incapacité de se rendre aux toilettes à cause de problèmes de mobilité en raison d’une maladie physique.

Les causes de l’incontinence masculine

Analysons les principales causes de ce problème de fuite chez l’homme

Hyperactivité de la vessie

Certaines contractions du muscle de la vessie peuvent entraîner le besoin fréquent d’uriner et des fuites accidentelles. La faible activité de la vessie peut aussi augmenter les résidus post-mictionnels, et entraîner un dysfonctionnement des muscles vésicaux.

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Un manque d’élasticité ou une trop grande élasticité de la vessie peut aussi favoriser la perte involontaire d’urine par l’urètre, même lors de petites pressions.

Une infection ou la présence de calculs peut aussi prédisposer à une incontinence par impériosité.

Les voies urinaires

Les infections urinaires peuvent irriter la vessie et la rendre hypersensible.

Ceci entraîne l’impression d’un besoin fréquent d’uriner, des mictions fréquentes diurnes et nocturnes et la fuite de petite quantité d’urines.

Le système nerveux

Certaines séquelles au niveau du cerveau ou de la moelle épinière, par exemple ceux qui font suite à  un accident vasculaire cérébral (AVC), à une sclérose en plaques ou à Parkinson, peuvent affecter la maîtrise de la vessie.

La prostate

Pour comprendre les causes de l’incontinence chez l’homme, il faut bien comprendre le rôle et le fonctionnement de la prostate. La prostate est un organe qui se trouve sous la vessie, en avant du rectum.

La partie supérieure de la prostate est située contre la vessie, alors que la partie inférieure (l’apex) se situe en bas, et touche le sphincter strié, qui se trouve sur l’urètre. Le sphincter lisse, lui, est situé au niveau du col de la vessie.

La prostate est donc en contact des deux sphincters qui ont pour rôle d’assurer la continence urinaire.

Comparaison prostate normale et atteinte d’hypertrophie bénigne

Dans les cas d’Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou d’une chirurgie de la prostate, l’organe, plus volumineux, appuie sur l’urètre (canal partant de la vessie servant à l’écoulement de l’urine) ou comprime celui-ci et empêche l’écoulement normal de l’urine.

Les urines s’accumulent alors dans la vessie jusqu’à ce que la vessie devienne complètement distendue (étirée à l’excès) et laisse l’urine s’échapper.

La chirurgie peut parfois endommager les tissus du sphincter et affaiblir les muscles périnéaux.

Facteurs prédisposant chez l’homme

La vieillesse est le facteur principal pour l’incontinence masculine. Avec la vieillesse, la structure de la vessie et des reins se modifie.

L’élasticité vésicale faiblit, la prostate peut s’hypertrophier et la musculature du plancher pelvien se modifie.

Comme chez la femme, le poids, la consommation d’alcool, de tabac et de certains aliments peuvent favoriser la survenue de fuites urinaires.

Le surpoids et la prise de médicaments sont aussi des facteurs pouvant engendrer une incontinence urinaire.

Traitement de l’incontinence masculine

Les hommes peuvent eux aussi suivre des séances de rééducation (comme le biofeedback), en cas d’incontinence persistance conséquente d’une prostatectomie, puis des exercices réalisées à la maison. Le biofeedback est préconisé en cas d’incontinence par impériosité.

Si la rééducation n’est pas suffisante contre l’incontinence d’effort, les médicaments peuvent aussi être indiqués.

Dans les cas graves.,la pause d’un implant sphinctérien peut être envisagée,

La chirurgie peut être envisagée (neuromodulation) si le spécialiste évalue de bonnes chances de récupération de la vessie.

Si les résultats ne sont pas satisfaisants, il existe l’étui pénien ou l’urinal portatif. En solution de soutien (et non thérapeutiques), il existe des protections absorbantes adaptées à l’anatomie de l’homme. Ces protections peuvent se trouver en pharmacie ou  dans les supermarchés.

Picto conseil

En cas de pertes d’urines accidentelles, même en petites quantités, il est très important de consulter un médecin généraliste qui saura diagnostiquer le problème de son patient et déterminer avec lui la meilleure démarche thérapeutique pour le prendre en charge. 

Dans tous les cas, une bonne hygiène de vie et des éléments naturels peuvent être à la base d’une bonne prise en charge.

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