Résultats et analyse de l’enquête IFOP: les françaises et le harcèlement sexuel au travail

Enquête ifop sur le harcèlement sexuel au travail

Lors d’un précédent dossier, nous évoquions le sujet du harcèlement sexuel suite au soulèvement de la communauté internet réunie autour du hashtag #balancetonporc.

Nous avons publié plusieurs articles sur le sujet, car notre conviction est qu’une vie healthy (= saine et équilibrée) passe par un bien être dans tous les aspects de sa vie : alimentation, vie privée et vie sociale, activités quotidiennes, sans oublier la vie professionnelle. Lors de la publication de cette série, nous avions reçu beaucoup de messages d'encouragement (et partages d'expériences) de la part de nos lectrices, qui nous ont poussé à réaliser cette grande étude aujourd'hui.

Car en passant 5 jours par semaine au bureau, bien des choses peuvent arriver au travail et influencer ainsi notre quotidien extra professionnel. Il est donc primordial de se sentir bien dans son environnement professionnel afin de mener une vie personnelle épanouie.

Le harcèlement sexuel au travail, c’est donc l’angle que l’équipe de viehealthy choisit dans cette étude, en partenariat avec l’IFOP.

Contexte de l'étude sur le harcèlement sexuel au travail

Harvey Weinstein

L’étude fait écho à l’affaire Harvey Weinstein, emblématique puisqu’elle prend place dans un environnement professionnel et met en avant un abus de pouvoir pour faire pression sur d’autres personnes qui n’ont pas l’avantage du rapport de force.

Mais en s’éloignant du contexte très particulier du show business et du cinéma, ces situations de harcèlement peuvent se retrouver dans des contextes qui nous parlent à toutes et tous, plus proche de nos réalités.

Définition du harcèlement sexuel

Afin que nous parlions tous de la même chose, définissons d’abord les termes employés dans l’étude. Le harcèlement, nous le définissions dans cet article (cliquez ici), comme le fait d’imposer à une personne des propos ou comportements à connotation sexuelle.

Nous évoquions aussi sa promiscuité et ligne de démarcation subtile avec la drague. C’est d’ailleurs un levier sur lequel jouent les auteurs de harcèlement sexuel, et d’autant plus en entreprise qu’il s’agit de personnes dont on présuppose la confiance et des relations cordiales.

Mais, le harcèlement survient dès lors que la personne victime de harcèlement se sent mal à l’aise, atteinte dans sa dignité par des propos gênants et dégradants qu’elle ne désire pas entendre.

Où se situe la limite?

Car n’oublions pas, la drague et la séduction sont des jeux plaisants consentis par les deux parties. Souvent, dans ces cas où la distinction n’est pas facile, la répétition et l’insistance de ce que la victime croit - ou se persuade - d’être de la drague permet d’aider et d’aboutir à définir la situation de harcèlement de manière claire et sans ambiguïté.

C’est d’ailleurs la notion de fréquence qui intervient dans la catégorisation juridique du harcèlement. Le sens juridique insiste sur le caractère à répétition des actes subis, à l’exception du cas de pression afin d’obtenir un acte de nature sexuelle et du cas de contacts sur une zone génitale ou érogène, qui dès lors qu’ils surviennent une fois, qualifient de facto l’acte d’harcèlement.

Dans le doute, il est nécessaire de savoir comment réagir lorsqu'on est confronté à ce genre de situation.

Où en est la France par rapport au reste de l’Europe ?

Plutôt dans la moyenne. D’après un rapport réalisé par l’Eurofound, la fondation européenne sur les conditions de travail, sur un sondage effectué entre 2009 et 2013, les pays d’Europe de sud semblent moins impactés par ce phénomène que les pays d’Europe du nord et centrale (12% des femmes en Espagne contre 18 % en France et 22% en Finlande, en 2013).

Eurofound logo

L’étude lie augmentation du harcèlement à l’augmentation des pressions et de l’intensification du travail, pouvant résulter en des mauvaises pratiques managériales, mais aussi à des disparités nationales en termes de prise de conscience de ce problème.

Les résultats de l’enquête VieHealthy

Ifop logo

L'enquête réalisée en partenariat avec l’IFOP, repose sur un échantillon de 2008 femmes âgées de 15 ans et plus, dont la représentativité est assurée par la méthode de la stratification (âge, catégorie socio-professionnelle, lieu d’habitation).

Mais avant de rentrer dans une analyse poussée des résultats, répondons à la question essentielle: combien de femmes sont concernées ?

1 femme sur 3  confrontée à une situation d’harcèlement sexuel

1 femme sur 3 harcelée

Elles sont 32 %, parmi les femmes interrogées, a avoir déjà subi une situation de harcèlement sexuel, au sens juridique du terme. Toutefois nous nous intéressons à toutes les situations de harcèlement sexuel, qu’elles soient qualifiées ou non juridiquement.

1 femme sur 3 a été victime d'harcèlement sexuel

Les situations rencontrées par les femmes interrogées, sur leur lieu de travail

Et ces situations de harcèlement  se déclinent en différentes variantes, allant du sifflement et propos obscènes (34% déclarent l’avoir vécu, dont 19 de façon répétée), à l’obligation de subir des contacts physiques dits légers (effleurements), pour 24% d’entre elles jusqu’à la proposition d’acte sexuel contre avantage professionnel (8%).

Que 1 femme sur 3 subit encore aujourd’hui des situations harcelantes, c’est encore (beaucoup) trop. Il est aussi frappant de voir que la simple impression ou sentiment d’avoir déjà fait face à une situation de harcèlement sexuel au travail au cours de son activité professionnelle concerne 22% des femmes, alors que.... elles étaient 20% en 2014.

Autrement dit, les femmes sous estiment le harcèlement qu'elles vivent et le minimisent au rang d'impression et de sentiment, quand c'est souvent du harcèlement avéré. L'impact se retrouve au niveau des statistiques, biaisées par les nombreuses sous déclarations qui ne permettent pas de constater l'ampleur du phénomène de harcèlement que les femmes subissent au quotidien dans le cadre de leur profession.

Nous rappelons que nous sommes dans un contexte professionnel, aussi toutes ces situations sont survenues dans un environnement de travail. Nous déclinons nos résultats, parmi les 10 situations testées, autour de trois types de harcèlement caractéristiques et symptomatiques du malaise qu’il peut exister dans certains contextes professionnels ou chez certaines catégories de femmes.

C’est aussi une manière de révéler des situations qui, à force d’être taboues, sont considérées comme normales voir marginales alors qu’elles sont à condamner et relèvent du “quotidien” de nombre d’entre elles, en ayant un impact certain sur le bien être des femmes.

Le harcèlement verbal ou visuel affecte particulièrement les jeunes femmes, résidant dans les grandes agglomérations, notamment dans les quartiers populaires

34%

Le chiffre marquant : 

34% des femmes interrogées déclarent avoir subi des sifflements, gestes ou commentaires grossiers, ou encore regards concupiscents (ex : clins d’œil, regards libidineux…).

Mais plus globalement, le harcèlement verbal et visuel relève d’une situation insidieuse et facile à réaliser pour l’harceleur, puisqu’en n’impliquant aucun contact physique, elle peut être difficilement interprétable et traçable.

Cette situation est l’occasion de semer le doute dans la tête de l’harcelée, puisque la ligne de démarcation avec le sexisme et la misogynie, situations très fréquentes en environnement professionnel sans pour autant relever du harcèlement, est très difficile à distinguer et à prouver. 

Stats sur le harcèlement verbal ou visuel

Or, cette situation survient beaucoup plus chez les femmes résidant dans des banlieues pauvres, qui déclarent à 46% avoir déjà été dans cette situation contre 34% pour celles résidant en ville.

C’est aussi une situation qui touche 58% des femmes homosexuelles et bi sexuelles, contre 35% des hétérosexuelles. Cela concerne enfin le statut et le poste dans l’entreprise, puisque 44% des femmes chef d’entreprise ont déjà subi ces situations contre 33% parmi les salariées.

Comment expliquer que cette situation soit plus présente chez les femmes résidant en banlieues pauvres, puisque le harcèlement par sifflement survient dans le cadre professionnel et n’a a priori rien à voir avec la zone d’habitation ? Leur milieu social ou simplement de résidence influent-t-ils sur les pratiques ?

Il faudrait comprendre quel métier ces femmes pratiquent, la situation géographique de leur profession et la zone d’habitation de leurs collègues pour avancer une hypothèse. La question se pose aussi pour les femmes homosexuelles et bisexuelles et les femmes chef d’entreprise.

Qui sont les auteurs de ces pratiques?

aggresseur-verbal-visuel

QUESTION :Et la dernière fois que chacune de ces situations a eu lieu, qui en était à l’origine ?

Si on s’intéresse aux profils des individus à l’origine de tels actes, les sifflements et commentaires grossiers sont le fait de personnes externes à l’entreprise (client, fournisseur ...) dans 54% des déclarations des interrogées et 46% concernent des collègues.

A noter que les collègues sont aussi impliqués à 55% dans des remarques sur le physique et à 49% sur des propos obscènes et écrits à connotation sexuelle.

Le harcèlement physique touche notamment les femmes seules, plus minces que la moyenne et affirmant une part d’homosexualité.

13%

Le chiffre marquant : 

Les contacts sur une zone génitale ou érogène comme par exemple une main sur les fesses, une étreinte forcée ou un baiser volé, concernent 13% des femmes interrogées.

Ce sont des cas qui n’amènent aucun doute quant à la nature harcelante de l’acte. Aussi il est intéressant d’analyser l’occurence et prégnance de cet événement. 

Attouchement sur femmes maigres

Cette fois, le lieu d’habitation ne donne pas de clés de lecture, mais un autre chiffre interpelle et c’est celui de l’indice de masse corporelle : 31% des femmes maigres selon la définition de l’IMC déclarent avoir fait l’objet de contacts sur zones érogènes, contre moitié moins pour les femmes ayant un IMC normal (16%) ou étant en surpoids (13%).

41% des femmes maigres ont subis un effleurement léger

Elles sont 41% a avoir subi des effleurements légers, contre moitié moins (20%) de femmes obèses.

L’écart est important et nous montre qu’il y a une question autour de l’apparence physique et de son interprétation : serait-ce que les femmes d’apparence maigre renvoient l’image d’un corps fragile et donc d’une certaine faiblesse du point de vue de l’auteur de l’acte, bien que cette faiblesse soit non avérée et relève de la pure impression de l’harceleur?

Ou alors, ce résultat est il révélateur d'un fantasme moderne autour des femmes répondant aux critères physiques plébiscités par notre société actuelle?

Les femmes chefs d’entreprise sont encore plus concernées que les autres puisque 24% d’entre elles (contre 11% des salariées) déclarent avoir déjà subi ce type de contacts sur zones érogènes.

Qui sont les auteurs de ces pratiques?

Les résultats au regard des auteurs d’un tel acte montrent que le profil type est celui d’une personne externe à l’entreprise (comme un client etc) impliqués pour 45% d’entre eux selon les répondantes, ou le fait d’un supérieur hiérarchique pour 34% d’entre eux.

agresseur harcèlement physique

Ce résultat confirme ceux précédemment obtenus, puisqu’on observe que les actes verbaux, les écrits ou photos à connotation sexuelle, qui relèvent du harcèlement verbal et visuel, ont un point commun avec les contacts et effleurements "légers" supposés non faits exprès qui relèvent du harcèlement physique : 47% des collègues sont impliqués dans ces contacts légers.

En effet, en engageant dans une moindre mesure la responsabilité, ils sont principalement commis par des collègues proches ou employés ayant le même grade ou inférieur. Ces derniers peuvent profiter d’une certaine proximité de terrain (open space, réunions, groupe de travail sur messagerie etc) pour exercer ce type d’harcèlement de “proximité”.

A l’inverse, les actes plus engageants comme les contacts appuyés ou en zones érogènes (harcèlement physique), ainsi que les textos à caractère sexuel et pas uniquement connotés (harcèlement verbal) sont le fait de personnes externes ayant une autre proximité (un client qu’on ne voit pas quotidiennement et qui envoient des textos) et un autre poids dans la hiérarchie professionnelle.

Le harcèlement moral à visées sexuelles, majoritairement subi par les cadres et professions intellectuelles supérieures ainsi que les femmes aujourd’hui dirigeantes d’entreprise

8%

Le chiffre marquant : 

La pression subie afin d’obtenir un acte de nature sexuelle (par exemple un rapport sexuel en échange d’une embauche ou d’une promotion) : 8% des femmes interrogées sont concernées

Cette situation (par exemple un rapport sexuel en échange d’une embauche ou d’une promotion) est un cas extrême de la vie professionnelle et sa faible occurrence le prouve.

Elle n’est toutefois pas à ignorer car 19% des chefs d’entreprise (vs. 8% des salariées) et 19% des travailleuses indépendantes ont déjà subi ce type de pression dans leur vie.

Subir une pression contre un acte sexuel

Ce sont aussi les femmes homosexuelles et bi sexuelles qui sont le plus touchées par cette situation par rapport aux femmes hétérosexuelles (25% contre 7%) : serait-ce à dire que ces femmes, de par leur orientation sexuelle, sont préjugées plus ouvertes sexuellement par leur harceleur? 

Cette situation est aussi emblématique des difficultés que rencontrent les femmes au travail dans le cadre de l’évolution, des salaires ou des compétences, qui dans certaines situations bien identifiées, peuvent se sentir obligées de passer par là pour obtenir ce qu’elles n’obtiendraient pas classiquement, sans pour autant décider de le faire. ​

Caractéristiques des victimes du harcèlement sexuel

C’est aussi une croyance bien ancrée chez les auteurs de ces actes, dont le fantasme autour de la femme soumise persiste.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que le harcèlement sexuel réside aussi là où on ne l'attend pas, comme se voir offrir des cadeaux pour 18% des femmes chefs d'entreprise ou encore recevoir des invitations à dîner, le cas de 20% des femmes cadres et professions intellectuelles supérieures.

Qui sont les auteurs de ces pratiques?

Penchons-nous donc sur les auteurs des harcèlements: les résultats s’inversent par rapport aux auteurs de faits de harcèlement moins visibles et tangibles (paroles, sifflements, contacts légers) mais ils se conjuguent aux cas des actes plus marqués comme les contacts en zones érogènes précédemment évoqués.

Harcèlement psychologique à visée sexuelle

Ainsi, les cadeaux sont l'oeuvre de 45% des personnes externes à l'entreprise, quand les invitations à dîner ou les pressions exercées pour obtenir des faveurs sexuelles contre promotions ou autres avantages professionnels (embauches, augmentations etc.), sont d’après 62% des interrogées, logiquement réalisées par leur supérieur.

Ce résultat se lie aisément à l’abus de pouvoir que peuvent exercer ces derniers tout comme la facilité du fait du rapport de force.

Des tendances à souligner et toujours plus de stéréotypes à briser

Dans cette dernière partie, nous analysons les principales tendances à retenir de notre enquête sur le harcèlement sexuel.

L'âge : un facteur important?

Toutes les catégories d’âge sont concernées par le harcèlement de manière similaire (à 6 points d’écart près).

âge harcèlement sexuel

Elles sont environ un tiers dans chaque tranche d’âge en ce qui concerne les sifflements ou commentaires grossiers, même si ce chiffre tombe à 10% dans chaque tranche d’âge à subir la situation de harcèlement avec contacts en zone érogène.

Ainsi, le harcèlement ne fait pas l’économie de l’âge.

L'orientation sexuelle

L’orientation sexuelle semble être aussi déterminante dans la lecture des résultats, puisque dans toutes les questions, les femmes homosexuelles et bi sexuelles sont plus concernées que les hétérosexuelles. Cela traduit l’homophobie qui peut régner en milieu professionnel, souvent liée au rejet des pratiques transgressives non admises en entreprise.

Orientation sexuelle harcèlement

La surreprésentation des bis et homo sexuelles traduit aussi que des stéréotypes autour de leur présupposée sexualité libérée, en admettant que leur orientation sexuelle soit affichée et connue de tous. 

Or, ces aspects de vie privée sont rarement ou discrètement exposés en milieu professionnel (que ce soit pour les femmes hétérosexuelles ou homosexuelles) et s'expliquent donc potentiellement par des rumeurs ou bruits de couloirs teintés de moqueries. On tombe donc là encore dans des stéréotypes bien ancrés dans nos sociétés.

L'état de santé mentale

L’état de santé mentale indique que les situations de harcèlement touchent de manière quasi égale les femmes se considérant dans une bonne forme mentale que celles se considérant dans une forme mentale mauvaise.

Appréciation de l'état santé moral

Cependant, même si l’écart est faible entre ces femmes, celles considérant leur moral mauvais sont toujours plus touchées. A titre d’exemple, 32% des femmes s’estimant satisfaites sexuellement et 33% des femmes estimant leur état de santé moral bon sont concernées par des situations de harcèlement type sifflement contre respectivement 36% des femmes au moral bas. Idem, 14 % des femmes au moral bon déclarent avoir déjà été victime de contacts légers vs 18 %. 

Ainsi, peut-être qu'un moral faible peut être perçu comme une détresse psychologique et interprétée comme un signe de fragilité et donc de proie facile par les harceleurs. 

Tous les collaborateurs masculins sont concernés

La lecture des résultats à travers le prisme des harceleurs nous permet de rompre avec l'idée reçue que le harcèlement est le seul fait d'un collaborateur masculin ayant une position hiérarchique supérieure, mais bien tous les collaborateurs, qu'ils gravitent autour du lieu de travail (client, fournisseur) ou qu'ils soient au coeur du quotidien (collègues et voisin de bureau).

Chacun ayant sa méthode : si le client ou fournisseur préfère offrir des "cadeaux" (45%) et formuler des commentaires grossiers (54%), le collègue proche choisit des propos à connotation et remarques gênantes (49%).

Le poste et le statut au sein de l'entreprise

La poste et le statut dans l’entreprise apporte aussi ses éclairages: parmi les femmes déclarant subir du harcèlement, on retrouve le plus haut taux de répondant chez les femmes ayant chefs d’entreprise.

Cela peut se traduire par une liberté de parole plus assumée chez ces femmes, qui du fait de leur expérience et leur statut, ont moins peur de parler que d’autres femmes. 

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Ceci se conjugue avec  la surreprésentation des femmes cadres et professions intellectuelles supérieures, victimes de harcèlement au sens juridique à 40%. On y voit là une expression du désir de domination et contrôle masculin, qui viendrait, par un pouvoir sexuel, réaffirmer sa domination.

En parler est important, mais agir ensuite est nécessaire

60%

Le chiffre marquant : 

Cette question de la révélation de ces harcèlements subis est reflété par ce chiffre: 60% des femmes interrogées déclarent en avoir parlé, ce qui est un score plutôt élevé.

Elles ne sont donc que un tiers (environ) en moyenne à garder le silence sur leur situation de harcèlement. Ce chiffre révèle que le tabou ne situe pas uniquement du côté des victimes de harcèlement, mais également du côté des autorités publiques ou instances de l’entreprise, qui ne mettent pas toujours en place les actions adéquates. 

Parler de l'harcèlement sexuel

Ces résultats sont aussi intéressants car ils montrent aussi que les femmes en parlent de manière presque égale à une personne de l’entreprise (principalement un collègue) ou un proche, avec un écart très faible (5 points en moyenne).

Au final, on observe donc que les femmes en parlent en entreprise à hauteur de 30%, dont en moyenne 20% à un collègue et non à une personne ayant l’autorité d’agir, ce qui est un score faible et démontre donc une crainte d’en parler et de se voir subir des répercussions.

A qui faut-il parler de son harcèlement sexuel?

Or, l’entreprise est pourtant un lieu réglementé où des mesures et sanctions peuvent être prises à l’encontre des personnes impliquées. Pourtant, comme l’évoquait un docteur en psychologie et ancienne experte judiciaire du harcèlement en octobre 2017, toutes les femmes qui portent plainte perdent leur travail.

Il y a donc urgence de renforcer le dispositif de lutte contre le harcèlement sexuel au travail, et les leviers d’actions dont disposent les victimes pour en parler au sein de leur structure sans crainte d’impacter la suite de leur carrière.

Cela passe, comme nous l'expliquions déjà dans un article précédent, par l’engagement d’acteurs de l’entreprise (campagne de prévention et sensibilisation renforcées, implication et neutralité des syndicats, ressources humaines, médecins du travail ..), l’établissement dans des politiques d’entreprise élaborées en interne (code de conduite, instructions au sein de l’organisation) mais aussi de politiques publiques.

Si un corpus de 24 propositions pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes ont été portées à l’assemblée nationale le 22 février 2018, elles n'adressent toutefois pas de manière spécifique le milieu de travail.

En outre, l’étude que nous présentons, qui s’attache à l'environnement professionnel, démontre les difficultés de nommer, parler et régler une situation de harcèlement dans un cadre présupposé normé (le bureau), aussi elle est à mettre en parallèle avec le harcèlement de rue et extra professionnels dont les résultats pourraient apporter un tout autre éclairage sur le quotidien des femmes et leur bien être.

Et vous? Que pensez-vous de ces résultats? Est-ce qu'ils vous semblent cohérent avec votre quotidien? N'hésitez pas à partager votre expérience en commentaire car elle pourra sûrement servir à un autre lecteur ! 🙂 

À propos de Experts VieHealthy

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